La Pointe du Hoc est la plus forte position Allemande du front d’invasion en Normandie et elle doit être prise. Le succès du débarquement américain dans le secteur en dépend.
Le Lieutenant Colonel James Earl Rudder, convoqué 5 mois pus tôt au QG du Général Eisenhower apprend que le V Corps de la 1er Armée du Général Bradley doit prendre d’assaut le secteur ayant reçut le nom de code d’Omaha Beach.
A 6 kilomètres à l’ouest d’Omaha Beach, les Allemands ont établi une position fortifiée : une batterie côtière de 6 obusiers de 155 mm de fabrication française, installée sur un plateau qui se termine abruptement en falaises rocheuses de 25 à 30 mètres de haut : la Pointe du Hoc
Les Allemands considèrent la position de la Pointe du Hoc comme presque imprenable au moyen d’une attaque par mer.
Quand Rudder réalise l’importance de la mission, il dit simplement au Général Bradley :
« Sir, mes Rangers peuvent faire ce boulot pour vous. »
- Au mois de Janvier 1944, le Colonel Rudder, le commandant Schneider et l’Etat-Major commencent à préparer l’opération.
- Fin Février 1944, une ébauche de plan pour l’assaut est préparée par le Lieutenant Colonel RICHARDSON et présentée au Général Commandant le V Corps, le Général de Division Léonard T. Gerow.
- Le 3 Mars 1944, le Colonel Richardson rencontre le Colonel Rudder au QG pour s’entretenir de la mission.
- Le 11 avril 1944, Rudder soumet son propre plan au QG divisionnaire.
- Le 13 avril 1944, le plan des est approuvé par la division et transmis au QG du V Corps. Le Général Gerow l’approuve le 17 avril 1944.
Côte de la Pointe du Hoc

Le 15 Avril 1944, des bombardiers de la 9ème Air force commencent leurs attaques en vue d’affaiblir les positions de la Pointe du Hoc. Ils frappent à nouveau les 22 Mai et 4 Juin 1944.
Bombardement par la 9ème Air en mai 1944.

Un effondrement de la falaise, provoqué par les tirs du croiseur USS Texas (photo prise d'un LCA)

à bord de L’USS Texas

LCVP qui à apporté les vivres et munitions aux rangers, revient avec des prisonniers Allemand et des rangers blessés (on peut voir un Sergent de la 29th ID sur le franc-bord du chaland)


Prisonnier Allemand monte à bord de L’USS Texas sous l’œil attentif d’un Marines armée d’un PM Reising. Dans le dos de sa veste de treillis USMC est inscrite la mention Marine Detachement. Son casque porte l’inscription M3, dont la signification reste inconnu.

Un officier de Marins du Texas indique probablement la direction des fers à l’un des sous officiers Allemands capturés à la Pointe du Hoc

Le 6 Juin 1944, 6h30 : C’est l’heure H pour l’assaut de la Pointe du Hoc.
Les rangers connaissent maintenant leur mission. Le Colonel Rudder sait que si il y a des hommes capables de faire tomber le point fortifié Allemand, ce sont bien ses rangers.
- 6h, debout sur le pont du HMS Machree, James Earl Rudder cligne doucement des yeux, essayant de s’habituer à l’obscurité.
« Maintenant écoutez… rangers ! Montrez leur ce que vous valez… Bonne chance les gars ! Démolissez les… Départ dans cinq minutes. »
- Quelques minutes plus tard tous les LCA sont mis à l’eau.
La traversée de 12 miles sur une forte mer met les petites péniches de débarquement en danger.
Le LCA de ravitaillement 914 coule ne laissant qu’un seul survivant le 1er Classe John J. Riley.
Le LCA 860 transportant le Capitaine Slater et des hommes de la Compagnie D coule également.
Les rangers sont trempés par les embruns. Les vomissures se mélangent à l’eau sur le plancher des péniches. Ils ont peur de couler aussi. Ils écopent avec leurs casques pour aider les pompes. Ils ne souhaitent qu’une chose, sortir des petits bateaux et aller sur la terre ferme.
Les premières lueurs de l’aube commencent à naître. Le Lieutenant Hodenfiel et ses hommes aperçoivent le LCA 914 retourné dans les hautes vagues.
« Vous entendez ces hurlements », demande le Sergent Joseph R. Devoll « Mon Dieu, les bateaux à gauche sont en train de couler ! »
« Qu’est ce qu’on peut faire ? » Demande le Sergent Joseph L. Stevens.
« Rien » dit un autre rangers « On coule aussi ! »
Un courant de fond porte la flottille de LCA et de DUKW droit sur la Pointe de la Percée, à 5 km à l’Est de l’objectif.
Le premier Sergent Lomell, à bord du LCA 668, s’apercevant de l’erreur dit à son ami le Sergent Kuhn :
« Hé, Jack, regarde ça ! Où diable va-t-on ? C’est pas la Pointe du Hoc. C’est l’objectif de la Compagnie C. »
« T’as raison, Len… Je m’demande ce qu’il y a… »
Le Colonel Rudder corrige l’erreur de navigation et dirige la flottille vers la Pointe du Hoc, parallèlement aux falaises, à seulement quelques centaines de mètres du rivage.
Cette circonstance retarde les rangers de 30 minutes et permet aux Allemands de se remettre du bombardement, de s’organiser.
Quand les bateaux virent pour faire face aux falaises ils sont accueillis par des tirs d’armes automatiques. Un des Dukw est touché par un obus de 20mm et 5 des 9 rangers se trouvant à bord sont tués ou blessés.
Plusieurs Allemands, du bord de la falaise, tirent sur les rangers.
« Mon Dieu ! Ils sont là, debout à nous attendre… », s’écrie un rangers.
Le Lieutenant Kershner, en voyant pour la première fois les falaises de près et entendant au-dessus de sa tête le bruit des mitrailleuses ennemies se dit :
« Tout cela n’est qu’une colossale erreur… Jamais nous n’y arriverons. »
Vers 7h30, les 9 LCA restants accostent sur un front d’environ 450 mètres.
Les fusées, emportant les cordes et les grappins, sont tirées en séries à environ 30 mètres du pied de la falaise. Alourdies par l’eau de mer, très peu atteignent le sommet.
L’équipe du Colonel Rudder a donné le coup d’envoi.
18 bombardiers américains larguent leur chargement de bombes. 10 minutes plus tard, les rangers sautent à l’eau. Quelques uns en ont jusqu’au cou, d’autres par-dessus la tête car ils ne peuvent voir les cratères sous-marins faits par les bombes et les obus.
Le Sergent Lomell est le premier homme a sauter de son LCA. En sortant de l’eau, il est touché par une balle de mitrailleuse au côté droit. Il réussit à se relever et, sous le feu intense, dirige ses hommes vers la falaise.
En sautant de son LCA, le Lieutenant Amos Potts, photographe de l’Armée, est fou de rage, tout son équipement et ses films sont mouillés. Il vit le plus grand évènement de sa vie et il ne pourra pas prendre de photos.
En quittant le LCA 888, le Sergent Domenik B. Boggetto aperçoit des soldats ennemis au sommet de la falaise. Il envoie une rafale de BAR dans leur direction, touche un Allemand et le voit tomber. Les autres disparaissent.
L’assaut lui-même n’est pas sans ressembler à l’attaque médiévale de remparts. C’est un spectacle sauvage et forcené de voir les hommes des compagnies Dog, Easy et Fox escalader les falaises
2 hommes de Lapres sont touchés par des grenades. Un tir de mitrailleuse blesse un rangers de Leagan et en tue un autre.
Le 1er Classe Sillmon est touché deux fois dans son LCA. Il est blessé deux fois encore alors qu’on le transporte sur la plage.
En atteignant la terre ferme, le Colonel Trevor est touché à la tête. Une balle allemande a percé et arraché son casque. Le sang coule sur sa figure.
En moins de 5 minutes certains rangers arrivent au sommet. Bill Vaughn est le meilleur grimpeur de la Compagnie D et il est peut-être le premier rangers du bataillon à l’atteindre. Lomell et son groupe le rejoignent.
Le 1er Classe Harry W. Roberts, Compagnie E commence à grimper à la corde. Alors qu’il se trouve à environ 7 mètres de haut, elle est coupée par les Allemands. Dans sa chute, les roches tranchantes déchirent sa peau. Il recommence pourtant son escalade et cette fois atteint le sommet. 5 rangers dont le Lieutenant Lapres le rejoignent.
Le Lieutenant Leagans et le Sergent Cleaves parviennent ensemble en haut.
Le Technicien Edward P. Smith grimpe à la corde lisse. Le Sergent Hayward A. Robey le suit. Du sommet de la falaise un groupe d’Allemands lancent des grenades. Robey tire une longue rafale de BAR et 3 Allemands tombent. Le reste s’enfuit vers les abris.
Le LCA 883 de la Compagnie F est le dernier a accoster. Les rangers du Capitaine Masny se ruent à terre, courant aussi vite que leur équipement le leur permet.
Des rangers de plus en plus nombreux atteignent maintenant le haut de la falaise, repoussant l’ennemi dans un effort acharné pour atteindre et détruire leur principal objectif : les canons de 155mm.
Plus de 15 rangers sont tués ou blessés et à cause du retard les attaquants sont réduits à moins de 200 hommes. Les renforts ne viendront pas, ils sont en route pour Omaha Beach.
La mission de la Compagnie Charlie consiste à débarquer à l’heure H avec le 116ème régiment d’infanterie sur le flanc ouest de la plage Dog Green, d’escalader les falaises et de détruire les batteries de la Pointe de la Percée.
Heure-H, le Lieutenant Sid Salomon se tient debout à l’avant de son LCA et essaye d’identifier les points de la côte qu’il a repéré sur les cartes et les photos aériennes.
Arrivés à 200 mètres du rivage, les rangers du Capitaine Ralf Goranson ne rencontrent toujours pas d’opposition. Tout cela prend l’allure d’une promenade en mer.
Les rampes sont abaissées, les rangers sautent dans l’eau, jusqu’au cou et se démènent pour atteindre le rivage. A ce moment les Allemands commencent à les arroser à la mitrailleuse, au fusil et au mortier de canon. La plupart des rangers s’effondrent dans l’eau.
Regardant derrière eux, le Lieutenant Sid Salomon et le Sergent Charles F. Kennedy découvrent une plage jonchée de corps. Quelques hommes essayent de ramper, d’autres sont immobiles dans leurs flaques de sang.
A 300 mètres à l’Ouest de la Pointe, le Lieutenant Moody, les Sergents Belcher et Garret aperçoivent une fissure dans la falaise et commencent à grimper. Embusqué dans une maison fortifiée, l’ennemi ouvre le feu avec des armes automatiques mais les rangers parviennent à monter.
Du sommet de la falaise, les Allemands lancent maintenant des grenades.
Le Capitaine Goranson décide alors d’attaquer la maison fortifiée et les tranchées ennemies qui menacent la plage Dog Green. Une patrouille de 9 rangers est envoyée en reconnaissance.
Pendant 4 heures, les attaques des rangers sont dirigées contre le bunker et les défenses allemandes, détruisant une position de mortier et les infligeant de lourdes pertes à l’ennemi.
Les renforts allemands continuent d’arriver de Vierville par les tranchées de communication et il devint impossible à la Compagnie C de nettoyer ce réseau d’abris.
Le Lieutenant Moody tue l’officier responsable du bunker et avec Salomon se réfugie dans un trou d’obus. Côte à côte les deux jeunes officiers analysent la situation.
Moody est allongé à l’avant du trou, accoudé sur le bord afin de surveiller le secteur lorsqu’il est rejeté en arrière et s’écroule face au ciel. Salomon regarde son ami et croise un regard fixe. La balle d’un tireur ennemi l’a frappé en plein front.
Le Lieutenant Salomon bondit de son trou et prend le commandement d’une patrouille qui tente d’éliminer les tireurs d’élite. Les Allemands arrosent la plage sans répit. Le Sergent Belcher se rend compte qu’il s’agit de la mitrailleuse qui a tué ses camarades. Ivre de rage et négligeant sa propre sécurité, il court vers la position enfonce la porte du réduit bétonné et jette une grenade au phosphore.
A l’intérieur, les Allemands hurlent et quand ils se précipitent au-dehors, il les abat un par un.
Finalement, les rangers occupent la place forte et anéantissent toute résistance. Leur action a muselé l’une des principales positions protégeant la route de Vierville.
Un tiers de la compagnie a été tué et un autre tiers blessé. Les rangers survivants ont tué plus d’Allemands que leur compagnie ne comptait d’hommes initialement.
Le plan des opérations du 2ème bataillon de rangers prévoit que le jour-J, heure-H – 30 minutes, les Compagnie Dog, Easy et Fox prennent d’assaut la Pointe du Hoc, pendant que les Compagnies Able et Baker attendent au large. Si l’attaque de la Pointe est un succès, avec le 5ème bataillon, elles doivent continuer leur attaque vers Grandcamp les bains.
L’aube commence à poindre et les LCA du 5ème bataillon auxquels sont rattachés les Compagnies A et B décrivent des cercles au large en attendant le message des forces de Rudder.
L’heure limite étant dépassée et n’ayant reçu aucun signe du succès de la mission de Rudder, les péniches se mettent en mouvement. Direction Dog Green dans le secteur d’Omaha.
Le Lieutenant Colonel Max F. Schneider commandant du 5ème bataillon a quelques pensées pour les autres compagnies.
Ont-elles échoué ? Ont-elles été décimées durant l’attaque ?
Le rivage grandit, les rangers peuvent voir clairement la plage. Le tir de l’ennemi s’accroît, les balles de mitrailleuses commencent à atteindre les péniches.
En approchant, sur les traces du 116ème Régiment d’Infanterie et de la Compagnie C, le Lieutenant Colonel Schneider réalise combien la situation est critique sur la plage de Dog Green. Il décide de changer de cap et dirige les péniches vers la plage de Dog White.
Soudain, une explosion se fait entendre, la péniche de la deuxième section de la Compagnie B vient de sauter sur une mine, faisant deux morts.
Les rangers sautent à l’eau, le Capitaine Rafferty, commandant de la Compagnie A est le premier à sauter de son LCA.
A peine touche t-il la terre ferme, qu’une rafale de mitrailleuse le blesse aux jambes. Une autre rafale laboure la poitrine du Lieutenant Brice qui meurt sur le coup. Beaucoup d’hommes sont touchés et les cadavres jonchent la plage.
Sur un total de 136 hommes et officiers, seulement 62 rangers des Compagnies A et B réussissent à se mettre à l’abri derrière la digue.
Le Colonel Schneider a plus de chance avec le 5ème rangers. Il ne perd durant la traversée de la plage que 5 ou 6 des 450 hommes que compte son bataillon.
Le Capitaine Arnold du 2ème Bataillon fait passer à ses hommes l’ordre de franchir les rochers et de se dissimuler dans les broussailles et les ruines de maison au-delà de la route. Au signal, les rangers la traversent et personne n’est touché. Il est 7h45.
18 rangers de la Compagnie B obliquent vers Vierville sur mer, direction la Pointe du Hoc pour remplir leur première mission. Le groupe arrive en terrain découvert et rencontre une forte résistance.
Pendant ce temps, la Compagnie A avec quelques hommes de la B monte à l’assaut d’un promontoire situé derrière la plage, à l’attaque des positions ennemies.
C’est un groupe d’hommes en colère qui veut venger ses morts et les blessures des copains qui gisent sur la plage. Devant tant d’actions individuelles héroïques, les Allemands sont contraints d’évacuer leurs positions.
Les rangers sont maintenant maîtres de la colline, le 5ème bataillon et les Compagnies A et B du 2ème contrôlent entièrement la zone surplombant le secteur Dog White d’Omaha Beach.
A 8h30, les rangers ont achevé leur percée…
Du côté de la Pointe du Hoc, en atteignant le haut des falaises, les rangers des Compagnies Dog, Easy et Fox se trouvent devant un terrain littéralement réduit en pièces par les bombes et les obus de marine.
Les points de repères n’existent plus. Les journées consacrées à l’étude de photos et de maquettes ne sont plus d’aucune utilité.
La première difficulté est de localiser les pièces au milieu des débris, la seconde d’apercevoir l’ennemi.
A environ 20mètres du poste d’observation, les rangers du Lieutenant Lapres, Compagnie E, sont pris sous le feu de mitrailleuses et fusils tirant de par les embrasures. Les rangers envoient des grenades, les mitrailleuses cessent de tirer.
Rampant et courant de trous d’obus en trou d’obus, quelques rangers de la Compagnie F se dirigent vers leur objectif, la pièce N°2. En approchant, le Sergent Petty constate qu’elle est vide et décide alors de continuer en direction du secteur fortifié. Un groupe conduit par le Lieutenant Arman le rejoint.
15 rangers de la Compagnie E se dirigent vers leur objectif, la pièce N°3. A leur arrivée la casemate n’est qu’un amas de béton et de ferraille tordue.
« Dis donc, la marine a vraiment fait un bon boulot ici. »
« Oui, mais il y a quelque chose qui cloche. Il n’y a pas de canons. C’est comme ci les Allemands avaient mis un poteau télégraphique pour faire croire à un canon. »
Le Premier Sergent Lomell, le Lieutenant Kershner et 12 hommes de la Compagnie D ont pour mission de s’assurer que les pièces 4, 5 et 6 sont détruites. Sous le feu des Allemands, ils constatent l’absence de canons dans les bunkers mais remarquent des traces de roues, des sillons sortant des positions vides vers la route côtière.
Depuis l’intérieur des terres, les obus allemands commencent à tomber et les rangers de la Compagnie D bondissent dans toutes les directions.
Le 1er Classe Cruz, après une reconnaissance revient au PC et fait son rapport au Colonel Rudder :
- La position fortifiée est sillonnée de tunnels souterrains.
- Les rangers ont des difficultés sur le flanc ouest.
- Les Tireurs Allemands peuvent surgir n’importe où, même derrière les rangers en progression.
A 7h45, le Colonel Rudder transporte son PC au sommet de la falaise. Il ne peut voir ni rangers, ni Allemands. Les radios ne fonctionnent pas et malgré les efforts du Caporal Lou Lisko, il n’a pas de compte rendu du 5ème Bataillon du Lieutenant Schneider, ni de ses 3 autres compagnies à Omaha.
Rangers qui défende le HQ que Rudder

Après le rapport du Soldat Cruz, Rudder conclut que le centre principal de résistance est la position de DCA sur le flanc Ouest.
Pendant ce temps, le Capitaine Masny a pour mission de détruire la mitrailleuse située à l’Est. Rudder ayant décidé un tir naval, l’attaque de Masny est stoppée. Le destroyer Talybont se rapproche, tire plusieurs salves, le sommet de la falaise est soufflé et la position Est détruite.
Le Capitaine Masny rassemble ses hommes et organise la défense autour du PC. Le tir reprend depuis la DCA située à l’Ouest. Masny contourne la position quand un tir de fusils, de mitrailleuses et de mortier s’abat sur eux. Les rangers se dispersent, cherchent des abris et répondent au feu. Un drapeau blanc apparaît soudain, 2 rangers se lèvent pour aller accepter la reddition allemande.
« Baissez-vous ! A terre les gars ! »
L’avertissement du Capitaine Masny arrive trop tard, une grêle de balles de mitrailleuse les déchirent de part en part. Les tirs reprennent.
Le Colonel Rudder décide alors d’effectuer lui-même une mission de reconnaissance. Il sort du PC et est blessé par un tireur d’élite.
A ce moment, l’artillerie Allemande installée à Maisy déclenche un tir sur les hommes de Masny. Les rangers sont écrasés.
« Repliez-vous ! Chacun pour soi ! »
4 rangers sont tués et presque tous les hommes du groupe sont blessés. Ils se replient.
Ces tentatives avortées de prendre la DCA située à l’Ouest coûtent aux rangers entre 15 et 20 hommes.
Sans le savoir, le petit groupe conduit par Lomell a dépassé la ligne de résistance allemande et n’attiré qu’un feu dispersé et quelques obus de mortier. Le feu des armes légères allemandes a ralenti l’avance vers la route côtière et les équipes de deux ou trois rangers commencent à former des groupes plus importants.
Près du carrefour du chemin d’accès et de la grande route les rangers comptent environs 30 hommes.
Sans attendre, ils partent en colonne vers le Sud, le long du chemin, Compagnie D en tête.
Un tir de mitrailleuse sur leur flanc droit et un tir d’armes légères sur leur flanc gauche provoquent de lourdes pertes. 7 hommes sont tués et 8 blessés.
L’effectif augmente néanmoins par l’apport de petites équipes avancées et d’arrivants tardifs.
Vers 8 heures, les rangers parviennent à des bâtiments de ferme à 200 mètres de la route. Les tireurs allemands qui s’étaient réfugiés dans les ruines s’enfuient.
Malgré les tirs venant tant de leurs propres destroyers que de l’artillerie ennemie, les rangers ne peuvent attendre. Les hommes un ou deux à la fois, se déplacent par petits bonds, en zigzaguant.
3 Allemands jaillissent aperçoivent les rangers et se jettent à l’abri derrière un barrage. Après un court combat, un coup de bazooka les déloge.
Les rangers sont maintenant 50, représentant toutes les Compagnies.
La résistance semble venir de l’Ouest et du Sud. Les rangers ne s’inquiètent pas de l’Est par où doivent arriver le 5ème bataillon et le 116ème Régiment d’Infanterie.
Au Sud de la route côtière, les rangers découvrent un chemin qui mène à un ruisseau.
La Compagnie E s’installe à l’Ouest du chemin et la Compagnie F à l’Est. Entre ces positions un abri ennemi est transformé en PC. Il est occupé par les Lieutenant Arman (Co. E), Lapres et Leagans (Co F).
A 8h30, 1heure après l’escalade des falaises, les dispositions sont achevées.
20 hommes de la Compagnie D couvrent le flanc Ouest vers Grandcamp les bains et s’installent un barrage sur la route. Les rangers peuvent couvrir la route en contre-bas et surveiller les champs à l’Ouest et au Sud. Ils pensent que ceux au Nord sont minés aussi, ils ne craignent pas l’arrivée des Allemands de ce côté.
Le Sergent Lomell, toujours intéressé par les canons décide d’aller en bas du sentier pour voir ce qui avait causé de tels sillons. Accompagné du Sergent Kuhn, ils avancent prudemment, craignant les mines et l’apparition de l’ennemi. A 250 mètres de la route, ils s’arrêtent brusquement. Lomell se retourne et murmure à Kuhn.
« Jack, ils sont là… On les a trouvés. C’est les damnés canons. »
Il y a 5 canons de 155mm en position de tir. Les piles d’obus sont prêtes, les fusées sont vissées et les charges posées à côté.
Canon de 155mm Français cachés à 1 kilomètre au Sud de la batterie.


Canon de 155mm Français sur la Pointe du Hoc début 1944.

Incroyablement, il n’y a pas de servants, pas de gardes sur la position, mais à 100 mètres à l’Ouest plus de cent allemands sont en train de s’organiser.
« Jack, donne moi tes grenades et couvre-moi. Je vais les bousiller. »
Le Sergent Lomell escalade la haie, pose ses grenades sur le frein et le mécanisme de direction de deux canons et, à l’aide de la crosse de sa mitraillette, détruit tous les appareils de visée.
« Jack, il nous faut d’autres grenades. »
Les 2 rangers courent à la route et préviennent les autres de leur découverte.
Ils reviennent avec de nouvelles grenades et pendant que Kuhn garde un œil sur les Allemands, Lomell les places sur les 3 canons restants.
Jack et probablement Lomell près d'un canon de 155mm après le débarquement

vu aérienne de l'emplacement des canons

champ pas loin des canons

route du sentier pas loin des canons

carte

Soudain, une explosion étourdissante se produit. Le Sergent Frank A. Rupinski avec ses hommes de la Compagnie E vient de faire sauter le dépôt de munitions se trouvant à quelque distance au Sud des canons. Toutes sortes de débris tombent sur Lomell et Kuhn qui se retirent très vite.
Dès leur retour sur la route côtière, Lomell charge les Sergents Fate et Luning, chacun par une route différente, de retourner au PC et rapporter que les canons ont été détruits. Dès la nouvelle, Rudder envoie le message suivant :
« Pointe du Hoc repérée – Mission accomplie – nombreuses pertes – ai besoin de renforts. »
2 heures plus tard, un bref message du Général de Brigade Clarence R. Huebner lui parvint :
« Désolé, pas de renforts disponibles, toutes les forces rangers ont débarqué. »
Les rangers de Rudder ne peuvent plus espérer d’aide des forces terrestres, mais uniquement des destroyers capables de leur prêter main-forte.
Peu de temps après, une patrouille allemande de plus de 30 hommes équipés de mitrailleuses légères tourne le flanc Ouest de la Compagnie D et fait la jonction avec la centaine d’Allemands rassemblés au Sud Ouest des canons.
Le groupe de Lomell les voit ensuite passer un à un, hors de portée, et s’éloigner de la Pointe.
Les rangers soupirent d’aise. Ils ne sont que 13 hommes sur cette ligne de défense et plus de 130 Allemands ont été compté.
Sur la Pointe, la bataille continue. Toute la journée les groupes de rangers doivent repousser des contre-attaques allemandes et prennent part à d’innombrables escarmouches destinées à les repousser à la mer.
Le Caporal William Cruz de la Compagnie D est le seul homme d’un groupe de 11 à revenir d’une attaque contre la position de DCA sur le flanc Ouest.
Le Sergent Robbert G. Youso lors de l’attaque d’un poste de mitrailleuses ayant rampé à près de 18 mètres de l’ennemi, a le bras traversé par une balle au moment où il le lève pour lancer une grenade. Toute la journée, il va se battre avec un bras en écharpe.
Le Colonel Rudder est de plus inquiet quant aux soins à donner aux blessés. A 13h50, il demande un bateau pour les évacuer. A 14h30, le destroyer Barton lance un canot qui prit sous le feu ennemi est contraint de faire demi-tour. Le Capitaine Block commandant la section sanitaire décide de laisser les blessés au pied de la falaise. Il ne peut rien faire de mieux.
Dans cet après-midi, les Allemands lancent deux contre-attaques. La première, contre le groupe du Lieutenant Wintz, Compagnie F, venant de Saint Pierre du Mont dure une heure et ne provoque aucune perte parmi les rangers.
Peu après 16 heures les Allemands lancent la seconde vers le secteur de la pièce N°6. Les rangers ouvrent le feu et deux Allemands sont touchés. Au cours de cet engagement, le Sergent Elder tire environ 75 coups de mortier sur les assaillants.
Pendant ce temps le Lieutenant Jacob Hill et le 1er Classe John Bacho en retournant de la route côtière au PC de Rudder aperçoivent derrière une haie, une douzaine d’Allemands en train de discuter. Bacho et Hill envoient des grenades qui n’éclatent pas. Un Allemand franchit la haie en tirant à la mitraillette. Hill est touché mortellement à la poitrine et une balle traverse le casque de Bacho. Bien que non touché, il décide de faire le mort. Les Allemands viennent jusqu’à la haie, regardent et pensant les 2 rangers morts, disparaissent.
Les rangers sont maintenant environ 60 hommes occupant les positions à l’intérieur des terres. Parmi les arrivants, ils y’a 3 parachutistes de la 101ème division aéroportée. Ils devaient être parachutés tôt le matin au Nord de Carentan à 25 km et au lieu de cela, ils se retrouvent à la Pointe du Hoc.
Des transmissions seulement possibles par coureurs qui sont la cible des tireurs d’élite et l’ennemi de tous côtés, le Lieutenant Kerchner et le Sergent Lommel s’inquiètent.
A 23 heures, l’obscurité n’est pas encore complète. La nuit approche et le Colonel Rudder n’a pas la moindre idée de la situation à Omaha. Les Allemands tiennent toujours la position de DCA située à l’Ouest de la Pointe du Hoc et les communications avec les PC des unités sont inexistantes.
Il y a maintenant plusieurs centaines d’Allemands dans le secteur de la Pointe. Un groupe important est arrivé d’Isigny et s’est installé entre les rangers au sud de la route et ceux de la Pointe. Pour les rangers, les munitions commencent à manquer. Les Allemands pensent que ce sera enfantin de les rejeter à la mer et c’est ce qu’ils comptent faire dès que la nuit sera tombée.
Bien qu’ils aient eu leur part de combats, les rangers d’Omaha n’ont pas complètement rempli leur mission. Ils doivent se rendre à la Pointe du Hoc pour relever les Compagnies D, E et F.
Les rangers des Compagnies C et D du 5ème Bataillon et A, B et C du 2ème, qui alignent à peine l’effectif d’une compagnie s’engagent sur la route côtière. A Saint Pierre du Mont les rangers sont soumis à des tirs de mitrailleuses lourdes, à un tir d’artillerie et subissent un orage de plomb.
Le 2ème rangers envoie des patrouilles à la recherche des tireurs d’élite, maison par maison, pendant que le gros des forces se dirige vers le carrefour menant à la Pointe.
Rudder apprend qu’une partie du 5ème bataillon de rangers est enfin arrivé et espère que le reste ainsi que le 116ème Régiment d’Infanterie ne vont pas tarder.
Une demi-douzaine d’hommes de la Compagnie A est éparpillée le long de la ligne de front de la Compagnie E. Les rangers s’enterrent dans des trous individuels, préparant leurs armes dont trois mitrailleuses prises aux Allemands.
Le Sergent Petty et 7 autres rangers dont quelques hommes du 5ème bataillon tiennent un poste avancé au Sud de la ligne des Compagnies E et F. La consigne est de décrocher si une attaque se développe dans ce secteur.
De leur côté, les hommes de Lommel contrôlent toujours la route principale de Saint Pierre du Mont à Grandcamp les Bains.
En résumé, la position des rangers forme un angle droit orienté vers le Sud-Ouest avec des côtés égaux d’une longueur d’environ 300 mètres chacun. Les quelques 40 prisonniers allemands pris dans la journée sont installés dans des trous individuels au milieu de deux champs formant l’intérieur de l’angle sous la garde du Sergent Earl A. Theobald de la Compagnie E.
Peu après 23 heures, l’ennemi ouvre le feu. Les balles traçantes de mitrailleuses passent au-dessus des têtes. Les rangers de toute la ligne de front de la Compagnie E ripostent en même temps.
Au milieu du vacarme le Sergent Branley de l’avant poste de la Compagnie E hurle :
« Carty, il faut partir d’ici. »
Poussant son compagnon devant lui, le rangers se replie sur la position du Lieutenant Kerchner. Carty, qui est âgé de 20ans, est tué par une grenade et Branley est blessé à l’épaule.
Au même moment, le Sergent Honhear et le soldat Thompson sont submergés par un groupe d’allemands dont les silhouettes se découpent sur le ciel. Thompson en abat 3 et oblige les autres à se cacher. Les Allemands lancent des grenades qui le touchent au visage. Aveuglé par l’éclair et le sang, il a le courage et la volonté de tendre son BAR à son camarade et les 2 rangers reculent, sous une grêle de balles vers la ligne de défense de la Compagnie E.
Quelques minutes après le début de l’affrontement, une explosion se fait entendre et une gerbe de feu jaillit de la position des canons trouvés par Lomell. Une balle traçante a fait sauter les munitions restantes. Les lueurs éclairent les allemands qui aussitôt cessent leur attaque.
Vers 1 heure du matin, le 7 juin, les allemands frappent une nouvelle fois. Sans être vus, ils sont arrivés à environ 50 mètres des rangers. Comme pour la première attaque, les allemands hurlent et crient. Des traçantes marquent le ciel et les haies surtout à l’est de l’angle de la ligne de défense. Les rangers subissent une grêle de balles de mitrailleuses et de grenades. Les obus de mortier tombent derrière eux.
Près de la position d’angle le soldat Henri S. Stecky de la Compagnie D répond avec son BAR. Les allemands lui envoient des grenades qui le laissent inconscient puis s’emparent de la position.
Vers 3 heures, les allemands lancent une troisième attaque. Des obus de mortier tombent en volume croissant et atteignent les champs au Nord près du secteur des prisonniers. Les allemands avancent sur un front élargi depuis la position capturée de l’angle.
Les allemands avancent en courant, criant et tirant en même temps et atteignent le centre de la position de la Compagnie E. L’engagement est féroce, les rangers tirent jusqu’à épuisement de leurs munitions et sont débordés.
« Kamerad ! Kamerad ! » crie le Sergent Frank A. Rupinski.
Le tir cesse et les allemands commencent à rassembler les rangers prisonniers.
Le lieutenant Leagans est mort. Il ne pourra voir les 14 hommes de sa section et les 4 de la Compagnie D emmenés en arrière vers un PC allemand à 1.5km de la position des rangers.
La confusion est maintenant extrême chez les rangers. Un soldat de la Compagnie E réussit à rejoindre le PC et à faire son rapport.
« On ne peut les contenir ! Bon Dieu, les gars se font tuer partout. »
Le compte-rendu du rangers est confirmé par des tirs allemands tombant sur le PC, depuis les champs situés derrière, à l’intérieur de la position défensive. Un autre rangers arrive et rapporte que la Compagnie D a été balayée et qu’il n’y a plus d’homme entre la position de Leagan et le PC.
Une équipe d’allemands, arrive par l’Est et se dirige vers le PC. Le Sergent Petty les voit et tire une rafale de son BAR. Le Sergent Robey en fait autant et les allemands reculent. L’un deux s’approche en rampant. Les rangers le repèrent et lancent une grenade. L’allemand se plaque au sol mais trop tard et la grenade explose juste sous sa poitrine.
L’attaque devient trop forte et les Compagnies E et F doivent reculer jusqu’à la route principale. Petty et Robey, tous les deux armés d’un BAR acceptent de retenir l’ennemi et de progresser ensuite par petits bonds pour rejoindre leurs camarades.
Les allemands avancent sur les deux hommes qui se trouvent séparés. Bien que seul, Petty se sent invincible et tire sur la multitude d’allemands qui l’entoure. A chaque fois que la lune apparaît entre les nuages, il fait feu de son arme. Les allemands ripostent, mais à chaque fois, Petty change d’emplacement. Au bout d’une heure, il réussit à rejoindre la route et s’endort d’épuisement dans un cratère près de la maison du carrefour. Il a tué plus de 30 ennemis.
Position du Sergent Petty

Les rangers ont reçus l’ordre de se replier. Le Sergent Richard N. Hathaway du 5ème Bataillon, au Sud de la route côtière, voit des rangers courir et venir sur lui.
« Que se passe-t-il ? Où allez-vous ? »
« Les allemands sont juste derrière nous, fichez vite le camp vers la pointe ! »
Vers 14 heures, le 7 juin, le Capitaine Masny rejoint le PC :
« Sir, j’ai trouvé un dépôt de munitions allemand. Je pense qu’on peut le faire sauter au bengalore »
Rudder est calme. Pourtant, il sait que quelques uns de ses hommes en sont réduits à deux cartouches et que peut-être vont-ils tous être tués ou capturés.
« D’accord, Otto. Prenez quelques hommes et occupez-vous en ! »
Masny choisit deux hommes experts en démolition : le Lieutenant Vermeer dit « le Hollandais » et le 1er Classe Anderson.
« Petty ! Venez avec nous pour nous couvrir. »
Le Lieutenant G K. Hodenfield, reporter du Stars and Stripes accompagne les 4 hommes.
Petty est sous le feu des allemands. Il a l’impression que la patrouille met une demi-journée à se mettre en position et à allumer les charges. Les rangers du secteur tirent pour lui apporter un soutien, mais beaucoup trop près, le sol est déchiqueté par les balles tout autour de lui.
Les canonniers allemands découvrent Petty et tirent maintenant sur lui au canon de DCA. Il répond avec son BAR et les allemands s’arrêtent. Maintenant il doit échapper au tir de ses copains qui tirent de plus en plus près de lui. Il voit quelques allemands devant et court à leur rencontre en tirant. Les allemands disparaissent.
Les charges sont placées et le Capitaine Masny conduit son groupe vers un bunker vide pour se protéger de l’explosion. A l’intérieur, ils trouvent le 1er Classe Schneller de la Compagnie D vivant, mais avec un éclat d’obus dans le dos.
L’explosion du dépôt fait un vacarme terrifiant et envoie voler dans tous les sens, du béton, de l’acier, du bois et des munitions.
Quand tout est calme, les hommes de Masny transportent le blessé au poste de secours du Docteur Bloch.
Poste de Médicale provisoire

Position allemande détruite. (Photo prise le 12 juin 44)

Rangers examinant une position d'un canon factice (Photo prise le 8 juin 44 par le Sergent Warden F. Lovell)

Sergent Warden F. Lovell du 165eme Signal Photo Co, qui examine sont appareil photo qui lui fut arraché des mains par une balle Allemande lorsqu'il toucha la plage au pied de la falaise. Il combattit avec les rangers les 2 jours de suivants et lut décoré de la D.S.C

Une section de la Compagnie F, dans l’intérieur des terres, attaque et détruit 3 réduits ennemis et plusieurs nids de mitrailleuses, tuant 8 allemands et en capturant 36.
A la fin de l’après-midi, le groupement tactique du 116ème Régiment d’Infanterie et du 5ème rangers atteint le carrefour menant à la Pointe. Les allemands ouvrent le feu. Deux tanks sont touchés et 30 à 40 fantassins du 1er Bataillon du 116ème sont tués ou blessés. Les américains se retirent vers l’Est.
L’après-midi se termine, la force principale de secours est toujours à Saint Pierre du Mont et l’artillerie ennemie pilonne le village. Cette avance a néanmoins permis de desserrer un peu la pression sur les troupes de Rudder.
La nuit commence à tomber sur ce deuxième jour et le Lieutenant Colonel Max Schneider est soucieux de la situation de Rudder. Il installe son bivouac à 100 mètres de Saint Pierre du Mont en direction de la Pointe. Les rangers creusent un périmètre de défense et des patrouilles sont envoyées pour contacter les unités amies et ainsi connaître leurs positions.
Sur la Pointe, les tireurs d’élite sont encore actifs et les mouvements ennemis indiquent la préparation d’autres contre attaques.
L’officier de transmission, le Lieutenant Eikner et les radios Lou Lisko, Liscinsky et Parker communiquent alors avec les destroyers et demandent des tirs sur les secteurs de rassemblement de l’ennemi. Cette aide et l’utilisation de 2 mortiers permettent de contenir les attaques.
Sur la grande route les officiers commencent à faire l’appel pour voir si tous les hommes se sont repliés.
« Où est Petty ? » demande un rangers.
« C’est lui qui retient les allemands » répond un autre.
« Je vais l’aider » s’écrie le Sergent Alexander.
Il s’enfonce dans la nuit mais ne peut atteindre la position de Petty. Il est fait prisonnier.
Debout sur la route, les rangers peuvent distinguer le son de BAR de Petty aux prises avec les allemands.
Le pointage rapide des hommes révèle qu’il y a peu d’hommes de la Compagnie E et aucun de la D. Le Lieutenant Arman conclut que les comptes-rendus sont exacts, que la Compagnie D peut-être considérée comme balayée et la E comme anéantie ou prisonnières.
« On va essayer de rejoindre la Pointe ! Lapres, tu prends quelques gars, tu suis un peu la route et tu coupes à travers champs. Je prends de reste et on essaye le chemin de sortie » ordonne Arman.
Vers 4 heures du matin, environ 50 rangers arrivent à la Pointe et installent une ligne défensive de la pièce N°6 au PC de Rudder.
Le Colonel Rudder apprend que le reste des forces a été anéanti.
Ce chemin relie la Pointe à la chaussée.
Sous la pâle lueur du jour, des voix venant de l’intérieur de la maison réveille Petty.
« Bon Dieu ! Les Américains sont déjà ici ! »
Très excité, il commence à marcher vers la maison et réalise que les voix sont allemandes. Il se met à courir aussi vite que possible vers la Pointe.
Les allemands sont devant lui et tirent sur les rangers.
« Il y a donc des rangers vivants » pense-il.
Il est fou de joie et continue de courir et de tirer sur les arrières des allemands en essuyant le feu nourri des deux camps.
« Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! C’est L. Rodd » s’écrie Winsh.
Petty traverse en courant les positions allemandes et parvint sain et sauf aux lignes des rangers.
Devant le désastre du groupe avancé et les Américains restants, repoussés dans une petite poche, ce n’est maintenant qu’une question de temps avant que les allemands ne donnent le coup de grâce.
Pas de nouvelles d’Omaha, pas de renforts, seulement 90 hommes, pas de nourriture, peu de munition, le 2ème Bataillon de rangers allait devenir le « Bataillon perdu de la Seconde Guerre Mondiale »…
Les rangers dans Saint Pierre du Mont et à la Pointe passent une nuit difficile. Ils entendent sans cesse des bruits étranges et voient partout des ombres mouvantes. Ils tentent de rester éveillés mais la fatigue à raison d’eux. Un rangers, le 1er Classe Rute s’endort même avec une grenade dégoupiller à la main. La nuit se déroule sans attaque des allemands.
Au matin, le Lieutenant Kerchner et le Sergent Lomell avec 11 hommes sont toujours de part et d’autre de la route goudronnée. Le Colonel Rudder est au bout de la Pointe avec 80 rangers des Compagnies E et F et de la Compagnie de commandement.
A Saint Pierre du Mont, le 116ème d’Infanterie prépare une autre tentative pour secourir les rangers de la Pointe.
Afin de renforcer le mouvement des forces de relève, le 2ème et le 3ème Bataillon du 116ème, le reste du 5ème rangers et 2 compagnies du 743ème Bataillon de chars partent de Vierville tôt le matin du 8 juin.
Renfort US sur la route de Vierville à Grandcamp pour aider les rangers à La Pointe du Hoc.

Vers 10heures, une attaque est lancée vers la Pointe du Hoc. L’aile droite de la manœuvre arrive à la Pointe sans opposition. Les chars et le 3ème Bataillon étant indécis quant à l’emplacement de l’ennemi tirent aussi bien sur les allemands que sur les hommes du 2ème rangers qui se servent de mitrailleuses prises à l’ennemi, ce qui ajoute à la confusion.
Le Capitaine Arnold, s’apercevant très vite de l’erreur, envoie les 1er Classes White et Isaacson pour contacter les unités du 116ème et leur dire de cesser le feu. 3 chars sont touchés par des mines en progressant sur la Pointe et 3 rangers sont mis hors de combat par leurs propres forces.
La résistance allemande faiblit rapidement et les rangers de Rudder, sur la Pointe, sont relevés le midi du 8 juin, Jour J+2.
Moins de la moitié de la force d’attaque initiale sont capable de se tenir debout.
De vastes abris sont découverts et des soldats allemands sont capturés. La plupart d’entre eux sont anxieux de se rendre et les prisonniers sont conduits vers un enclos sur la plage.
Le Colonel Rudder et son 2ème Bataillon de rangers occupent maintenant une position de réserve dans un champ à mi-chemin entre la Pointe et Grancamp les Bains. Pour les rangers c’est le paradis car ils peuvent se reposer et se nourrir.
Rudder espère et prie pour les survivants. Le bilan indique que 77 rangers ont été tués, 152 blessés et que 70 sont manquants. La nuit tombe, il est assis sur le sol, le dos appuyé à un arbre et s’endort. La radio grésille, l’opérateur entend son indicatif.
« Maraudeur Bleu, ici Sauterelle. Mon 6 veut parler au vôtre. »
Le ranger va chercher son Colonel et lui touche doucement l’épaule.
« Sir, on vous demande à la radio. Je crois que le Général Bradley veut vous parler. »
Le Colonel Rudder se frotte le visage et se dresse. Il est fatigué et le poids des pertes subies pèse largement sur ses épaules.
« Sauterelle 6, ici Marauder Bleu 6, parlez. »
« 6, ici Sauterelle 6. Je veux que vous veniez à mon PC. Nous avons une mission pour vous. »
Le Colonel Rudder soupire, puis il presse le bouton d’émission et dit avec force :
« Compris, terminé. »
Le 2ème rangers avait combattu sur le rivage d’Omaha et à la Pointe du Hoc telle une infime portion du plus grand assaut amphibie jamais entrepris dans l’histoire militaire. Leur mission était essentielle et ils avaient accompli un grand sacrifice mais c’était seulement le commencement
Source :Wikipédia
D.Day overlord
HOC 44 (source personnelle)
Jour J à l'aube